Daniel BULTOT

  Avenue de la Gare 69
6990 Melreux (Hotton)
084/46.77.06.
GSM. 0476/70.82.81.

Avec grand père

La Roche en Ardenne Ombre et lumière

Chassepiere

Les trois soeurs
 

Dans tous les sens du mot, Daniel Bultot est peintre. Ayant opté, de manière délibérée et, sans doute, définitive pour la peinture de paysages, l’artiste, né quasiment aux portes de Bastogne, évoque, avec une prédilection avouée, voire avec une désarmante fidélité, la terre et la vie ardennaise. Ses tableaux font ainsi montre de la puissance tranquille que possèdent ceux qui, se méfiant des excès et des cris, affectent une réserve du meilleur aloi. En peintre, il traite ses sujets sans cette compassion trop mièvre avec laquelled’aucunsmaltraitent le coin pittoresque. Lui, il structure, il réorganise, laissant l’église du village, comme il se doit, dans le centre vital, la ferme et sa grange, à l’orée du hameau.


Viscéralement attaché aux valeurs traditionnelles du terroir, il transmet vaillamment cet amour qui lui est né, dès l’enfance, chevillé au corps. Il crée l’émotion en faisant partager cette passion, qui est assez forte pour tenir lieu de foi, d’amour et d’espérance. Il pose le décor et transpose tout simplement, sans éprouver le besoin d’imposer sa vision. il s’attache à rendre tactile le climat d’accueil et de solidarité fraternelle. De chaque oeuvre émane un esprit distinct qui lui confère son unicité: la sourde langueur d’un hameau perdu, couché sous un linceul en hiver; la joie éblouie d’une floraison luxuriante et sauvage ou la morgue altère de quelques épicéas groupés dont la sombre présence troue la nuit tombante et se fait menaçante.

De tableau en tableau, le diurne et le nocturne s’alternent. Les visions saisonnières se suivent, meurent et renaissent, sous d’autres optiques, dans la suivante. Le cercle se clôt. Les atmosphères se rapprochent et se complètent. Volontiers le peintre anime ses paysages, offrant par des saynètes empruntées à la quiétude rurale, la candeur innocente d’une vie somnolente. Dans les personnages qu’il évoque,adultes et enfants confondus dans une égale ferveur, l’identité cède spontanément le pas aux expressions et aux altitudes spécifiques. Rares sont les peintres qui, comme lui, parviennent, en quelques coups de pinceau appliqués dans une pâte grasse et docile, à rendre ces sensations de vérité, saisies dans l’instantané d’un mouvement ou d’un maintien. Par ce truchement, et sans faire appel à un quelconque simulacre technique, Daniel Bultot transmet ses émotions de la manière la plus directe. Par cette mise en éveil, il atteint son but: surprendre, briser l’indifférence et toucher, en plein dans le mille, le coeur des spectateurs.

 
Juillet 2004 (tous droits réservés) Jo Verbrugghen Critique d’Art Aica